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Chômage : l’embellie de juillet reste à confirmer

Après quatre mois consécutifs de progression, juillet aura vu pour la première fois une inflexion dans les chiffres du chômage. Celui-ci a baissé de 0,5%. Avec ses 12 500 chômeurs de moins, les statistiques officielles publiées hier ont donné de bonnes raisons d’espérer, tant au gouvernement qu’aux experts. Bien que sur un an, le taux de chômage affiche une augmentation de 2%, le ministre du Travail, Jean-Louis Borloo estime que cette embellie «faisait plutôt du bien psychologiquement». Alors que le gouvernement a placé l’année 2014 sous le signe de l’emploi, ce repli du nombre de sans-emploi fait évidemment figure de bonne nouvelle. En cette rentrée de tous les doutes, elle pourrait permettre d’améliorer le moral des ménages, et derrière lui, de soutenir la consommation.

Baisse des licenciements economiques.

Une lecture approfondie des chiffres laisse percevoir que presque toutes les catégories de chômeurs ont profité du mieux : hommes, femmes, jeunes voient leur horizon s’éclaircir. Certes, la France compte encore 2,44 millions de demandeurs d’emploi. Mais le nombre de nouvelles inscriptions à l’ANPE a diminué de 5,5% alors que les sorties ont, dans le même temps, reculé de 2,5%. Il s’est trouvé moins de gens pour s’inscrire à la suite d’une fin de CDD ou de mission d’intérim. Le ministère de l’Emploi y voit la marque d’une stabilisation de l’emploi. De même, les licenciements économiques ont baissé de 9,9%, (15,1% en un an), ce qui semble indiquer que les entreprises engageant des plans sociaux s’attachent de plus en plus à reclasser leurs salariés dans d’autres postes.
Le nombre de jeunes demandeurs d’emploi a de nouveau diminué de 1,7% (+4,8% sur un an). Toute reprise profite rapidement aux plus jeunes. Mais celui des personnes de 50 ans et plus a augmenté d’un petit 0,1% (–1% sur un an).

Enfin, le nombre des chômeurs de longue durée, inscrits depuis au moins un an dans une agence, a lui augmenté de 2,5% (+3,0% sur un an). Parmi eux, celui des chômeurs inscrits depuis au moins deux ans est en hausse de 4,2% (+7,7% sur un an).

D’une manière globale, la France voit son taux de chômage diminuer de 0,1% pour s’établir à 9,8%. Mais il est encore trop tôt pour tirer des enseignements à long terme, et pour savoir si oui ou non la tendance est «durable». «La consommation des ménages a été soutenue sur la première moitié de l’année. Cette tendance a besoin d’une amélioration de l’emploi pour se poursuivre», réagit l’économiste David Naudé (Deutsche Bank).

Traditionnellement, les mois de juillet sont généralement porteurs de bons chiffres de l’emploi, ne seraient-ce que parce que les étudiants fraîchement diplômés ne se sont pas encore inscrits à l’ANPE.

Pour Marc Touati (Natexis Banques populaires), il ne faut d’ailleurs pas se tromper: «Le niveau du chômage reste détestablement élevé et la légère baisse de juillet ne compense pas la hausse des deux mois précédents. A 9,8% le taux de chômage retrouve le niveau qui prévalait un an plus tôt, c’est-à-dire un sommet depuis mars 2000», analyse-t-il. «Dans la dernière enquête de l’Insee, ainsi que dans celle de la commission européenne les perspectives d’emploi des industriels apparaissent négatives et celles dans les services demeurent trop faiblement positives pour compenser», rappelle-t-il.

Tout le monde, ministre du Travail en tête, s’accorde donc à affirmer que «le chemin est encore très long» vers le plein-emploi. L’amélioration du marché du travail sera encore lente, et la France devrait continuer à figurer en queue du peloton des pays européens pour ses performances dans ce domaine. En juin, l’OCDE estimait, dans son rapport annuel sur la zone euro, que le chômage français culminerait à 9,9% à la fin de l’année.

S’engouffrant dans cette incertitude, le Parti socialiste et FO ont lancé quelques invectives contre le gouvernement. Le premier pour dénoncer «la responsabilité politique» du gouvernement et l’accuser d’avoir «favorisé la montée de la précarité, incité les entreprises à opérer des chantages à l’emploi en caricaturant à l’extrême les 35 heures». Quant à FO, elle a estimé qu’il était «plus que nécessaire de soutenir l’activité économique par une augmentation du pouvoir d’achat».

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