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Les investisseurs étrangers restent circonspects

Mohamed R. Abulhoud, le directeur du Libyan Foreign Investment Board, sait que le développement de la Libye ne se fera pas sans l’appui des capitaux étrangers : «Grâce à Dieu nous sommes de retour dans la communauté internationale. Nous avons fait des lois pour encourager les investis sements : loi sur les transits financiers, loi sur les représentants commerciaux, etc. Nous avons beaucoup travaillé pendant trente années avec le secteur public. Cela doit changer : place au privé et aux investissements étrangers.»

Le directeur se fait donc un plaisir de détailler tous les avantages qu’il y a à investir en Libye : un des pays les plus riches d’Afrique, des besoins à satisfaire dans tous les domaines, proximité de l’Europe, potentiel touristique énorme avec des sites archéologiques grecs en cyrénaïque et romains en Tripolitaine extraordinaires, plusieurs milliers de kilomètres de côte sur la Méditerranée.

Bref, un paradis… Sauf pour les Occidentaux qui travaillent déjà en Libye. «L’administration est totalement inefficace. Pour faire venir un cadre ou un employé de l’extérieur, explique l’un d’eux, il faut remplir le «formulaire B», un dossier extraordinairement complexe et lourd dans lequel on doit justifier le besoin de le faire venir. La procédure prend des semaines. Il faut renouveler la démarche tous les six mois ! Et nous ne sommes jamais sûrs d’obtenir le visa.» Pourquoi ne pas employer des Libyens ? «Depuis de nombreuses années, l’anglais et le français ne sont plus enseignés dans les écoles. Il est rare de trouver un Libyen de moins de 40 ans qui parle une autre langue que l’arabe», explique un autre. De plus, les Libyens les plus qualifiés ne peuvent être payés à leur juste valeur, les salaires étant plafonnés par la loi. Les plus qualifiés ont donc tendance à s’expatrier.

Mais des projets commencent à voir le jour : le plus remarquable, l’hôtel Corenthia, le seul qui, aux normes internationales, est le résultat d’un joint-venture avec une société maltaise. Le groupe Accor a lui aussi un projet d’hôtel à Tripoli. «Nous pensons bénéficier du privilège de l’antériorité puisque cela fait sept ans déjà que nous travaillons en Afrique avec les fonds d’investissements libyens Laico et Lafico», explique Jean-Paul Espinasse, du groupe hôtelier français. Lafarge s’intéresserait à la privatisation des cimenteries annoncée par le premier ministre, Choukri Ghanem.

Mohamed R. Abulhoul concède : «Il nous faut reconstruire des ressources humaines, et cela demande du temps. Il faut lutter contre les vieilles mentalités», notamment en matière d’attribution de visa. Mais il ajoute : «Les entreprises françaises sont trop frileuses. Sur 64 dossiers traités dans mon service depuis quatre ans, aucun n’est français !»

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